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L’oiseau qui dit tout

 

Conteuses : Christine Andrien et Odile Burley
Mise en scène : Magali Mineur
Scénographie : Sophie Piegelin
Mouvements : Thierry Duirat
Chants : Thomas Bellorini
Lumières : Fred Nicaise

Production : Maison du conte de Bruxelles

 

L’Histoire

Violette est une princesse comme toutes les autres princesses. Le temps est venu pour elle de se marier. Elle refuse tous les prétendants que lui propose son père. Un jour, excédé par les exigences de sa fille, il promet sa main au Bouc Blanc. Effrayée, Violette mène son enquête sur cet homme étrange à moitié homme, à moitié bouc et ombre la nuit. Le roi, quant à lui, se rend compte que les épreuves qu’il lui a données, il les résout toutes, même si elles sont de plus en plus difficiles voire impossibles. Il n’a qu’une parole, il donne donc sa fille au Bouc… Violette demande une dernière chose pour accepter de l’épouser, il faut qu’il lui rapporte l’oiseau qui dit tout. Il réussit. Ils se marient.  Le Bouc Blanc lui demande de ne pas encore regarder dans son oreille, elle désobéit et découvre que dans ce château qu’il a construit pour elle, il y a des trésors fabuleux qui lui sont destinés. Au cours d’une dispute avec sa mère, elle livre le secret de son époux… Il est homme la nuit. Il est homme la nuit. Ils doivent se séparer. Lui part dans un château très loin. Elle pour le retrouver, doit chausser des chaussures de plomb et marcher jusqu’à ce qu’ils soient usés.

Ce texte parle des métamorphoses propres à l’adolescence

N’est-ce pas à l’adolescence que les premières confrontations avec soi, la quête de l’identité, avec l’autre, avec la société, se mêlent et se bousculent ? Dans ce texte, deux trajectoires : une féminine, une masculine. Très jeunes au début de l’histoire, les deux protagonistes « grandissent » tout au long de leurs trajets, des franchissements des épreuves, des moments de doute, des rencontres avec des sentiments forts (parole tenue, trahison, jalousie). N’est-ce pas aussi à cet âge-là que l’on cherche sa place au sein de la famille et de la société ? Quitte à rompre avec la famille.
L’expérience que nous avons menée au départ de cette histoire avec des jeunes filles pendant une année nous a montré qu’elle résonne en profondeur puisqu’elle a provoqué des réactions vives, intéressées, curieuses.

Ce texte parle de l’autre, métaphore de l’étranger

Cette jeune fille qui ne veut aucun prétendant ou « qui ne veut pas partir de chez elle » se voit imposé un départ forcé vers l’inconnu. Son prétendant choisit de force par son père sera le symbole de la séparation complète. Séparation de sa famille mais aussi séparation de tout ce qu’elle a connu. Elle tombe dans l’inconnu. Là où rien n’est reconnaissable ou tout est différent.
Mais ce que dit le texte, c’est que c’est dans ce saut si difficile, dans ce voyage qui devient une quête qu’elle deviendra une femme, qu’elle deviendra elle-même et qu’elle choisira cet étranger à moitié bête comme homme, comme mari. Alors la métamorphose vers l’humain s’accomplira pour
lui.
Est-ce dire qu’il faut accepter l’autre dans son mystère, ne pas chercher à le changer, ne pas l’amputer de son moi véritable, le reconnaître dans sa singularité même si elle nous choque, si elle nous renvoie à quelque chose d’inconnu, pour qu’enfin il vienne vers nous dans sa vérité ?

Ce texte parle du respect de l’autre

« Je te prends tout entier et nous verrons comment nous arranger avec ton étrangeté, ta différence, tes secrets incompréhensibles. » Le risque si cette acceptation n’est pas complète est très clairement annoncée dans l’histoire : « Tu ne me reverras jamais » ce qui sous-entend « Tu ne me verras pas tel que je suis ».
Sans risque pas d’histoire, pas de relation, pas d’amour. Que dire de la trahison faite par la jeune femme. Elle livre (sous la menace) le secret de son époux. Trahison certes mais si bienvenue qu’elle donne une place à cette jeune femme. Elle doit conquérir sa propre histoire. Qu’est-ce qu’elle use avec ses souliers ? Elle use le « qu’en dira-t-on », la prétendue raison, etc. Elle regagne sa liberté, leur liberté.

Ce texte parle de la part animale que nous avons en nous

Une donnée très importante est l’animalité du prétendant. En même temps qu’il inquiète, car d’un autre monde (un monde où l’on ne peut tricher), il est puissant et protecteur. Serait-ce aussi pour la jeune femme l’acceptation de la force. La force animale qui est sans question et qui simplement va, se libère et s’accomplit.

Ce texte parle d’un double voyage.

Pour lui le départ forcé vers sa destinée. Départ qu’il ne choisit pas, que la trahison lui impose et pour elle départ voulu, décidé pour le rejoindre et le reconnaître. Dans ces chemins inversés, finalement lui dans l’attente et elle dans le cheminement, il y a rencontre. Ils vont l’un vers l’autre.
Ils doivent se « rechoisir », se reconnaître. Le choix arrive quand plus rien ne ressemble à rien, quand on pense que tout est fini. L’espace de la rencontre s’ouvre enfin.

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